Les conférences du Livre Paris s’animent avec Manga.Tv

L’évènement incontournable du Livre arrive à Paris du 24 au 27 mars 2017 à la Porte de Versailles.

Le Livre Paris accueille des visiteurs de toute la France pour faire découvrir les nouveautés littéraires et s’ouvre de plus en plus à la BD, au Comics et au Manga.

En partenariat avec le Livre Paris, Manga.tv filmera et diffusera sur sa page FB en live les conférences dont elle s’occupe : https://www.facebook.com/MangaTv/

C’est Flavien alias Ichi qui sera en charge d’animer toutes ces conférences sur la scène BD/Comics/Manga

Voici le programme des festivités

VENDREDI 24 MARS 2017

LE CHOC DES CULTURES – 14h -15h

Avec Karyn Poupée & Jean Paul Nishi (A nos amoursKana), Alexandre Bonnefoy (KokekokkoIssekinicho) et Lolita Séchan (Brumes de SapaDelcourt)

Animée par Flavien Appavou (Manga.tv)

Karyn Poupée, Lolita Séchan, Alexandre Bonnefoy, Jean Paul Nishi… Des créateurs fascinés par l’Asie mais aussi par ses habitants auxquels ils sont confrontés avec passion mais aussi… avec amour. Coup de projecteur sur les affinités électives entre deux cultures

  

HOMMAGE À JIRÔ TANIGUCHI

18h00 – 19h00 – SALLE CONNEXION

En présence de Benoît Peeters, de Jean-David Morvan et de Corinne Quentin (agent de Taniguchi)

Des personnalités de la bande dessinée rendent hommage au grand mangaka japonais.

Animé par Flavien Appavou (MangaTV) et Didier Pasamonik (Express)

Jirô Taniguchi (1947-2017) est décédé le 11 février dernier à l’âge de 69 ans. Ses oeuvres, parmi lesquelles « Quartier lointain », « Le Sommet des dieux », « Elle s’appelait Tomoji », « Les Gardiens du Louvre », ou encore « Kaze No Shô » ont largement contribué à faire connaître la bande dessinée japonaise au grand public francophone. Il a par ailleurs été l’un des meilleurs ambassadeurs de la bande dessinée européenne au Japon. Pour lui rendre hommage, une exposition sera présentée autour de trois thèmes centraux de son œuvre le Japon éternel, la Nature, et l’intime.

SAMEDI 25 MARS 2017

BD, COMICS, MANGA : LES FRONTIĖRES ABOLIES

17h00-18h00

Avec VanRah (Stray Dog – Ed. Glénat), Ahmed Agne (Editeur – Ki-Oon) et Patrick Sobral (Les Légendaires, Delcourt).

Animée par Flavien Appavou (Manga.tv)

Désormais, aussi bien les comics que les mangas ont leur « French Touch », des dessinateurs français ayant assimilé les codes du manga et du comics pour les accommoder à leur sauce… De la même façon, des auteurs japonais, américains, mais aussi coréens, italiens, espagnols, néerlandais… assimilent les codes de la bande dessinée franco-belge. En matière de style, les frontières entre les styles s’abolissent peu à peu. Des auteurs témoignent. Avec la présence exceptionnelle de Patrick Sobral, l’auteur à succès des Légendaires.

 

DIMANCHE 26 MARS

LAST MAN : DE L’ÉCRIT À L’ÉCRAN

15h15-16h15

Avec Bastien Vivès, Balak (LastmanCasterman) et Jérémie Périn (réalisateur de la série animée Lastman)

Animée par Flavien Appavou (Manga.tv)

Alors que le tome 9 de « Lastman« , la décoiffante série de Balak, Sanlaville & Vivès, est parue en septembre dernier, leur projet de dessin animé en 26 épisodes a fini par sortir de terre, en dépit d’une péripétie qui l’a vu perdre en cours de route l’un de ses gros investisseurs… Mais l’équipe à sauvé la mise en bouclant son financement via la plateforme Kickstarter ! Les réalisateurs et les créateurs viennent raconter leur aventure.

HATCHEPSOUT REINE D’EGYPTE

16h00-17h00

Avec Chie Inudoh (Reine d’EgypteKi-Oon)

Animée par Flavien Appavou (Manga.tv)

Avec Reine d’Egypte, Chie Inudoh qui vient pour la première en France en exclusivité au Salon du Livre a toujours mis les femmes de caractère au centre de ses œuvres : après avoir raconté la vie d’une mère de famille remariée puis celle d’une spécialiste de la démolition (titres inédits en France), elle décide de s’attaquer à l’Histoire et de prendre pour modèle une personnalité au destin hors du commun, la première femme pharaon aux pouvoirs réels : Hatchepsout ! À grand renfort de documentation, la mangaka fait revivre l’Égypte ancienne dans toute sa splendeur ! Elle se nourrit ainsi de nombreux ouvrages, films et documentaires en diverses langues afin de planter le décor le plus réaliste possible. Rencontre.

VanRah : Stray Dog, c’est le projet que je voulais pousser en édition !

Cover du tome 1 de Stray Dog de VanRah édité chez Glénat

Autodidacte à 100% comme elle aime le dire, VanRah est une jeune artiste qui s’est fait connaître sur le web et sur la scène Fanzine.

Avec la sortie de son premier manga Stray Dog édité non pas en fanzine, mais avec un éditeur connu : Glénat (One Piece, Bleach, Tokyo Ghoul,…), VanRah se fait une place de choix dans le paysage du manga à la française (certains osent même mentionner le mot manfra…).

Couverture de Stray Dog de VanRah au éditions Glénat

Avec un style oscillant entre le manga et le comics, les œuvres de cette auteure ont été lues par des milliers d’internautes sur le web. Stray Dog a même été récompensé aux Etats-Unis lors de sa sortie sur internet !

Stray Dog est une oeuvre personnelle, où l’auteure a mis tout ce qu’elle aimait. La passion qui l’anime pour ces personnages donne à son oeuvre un caractère presque animal. Normal, puisque Stray Dog parle avant tout de la célèbre Bête du Gévaudan, ce mystère français non élucidé. Mais ce n’est pas vraiment l’histoire qui fait résonner le cœur des lecteurs, mais plus ces personnages au lourd passé qui deviennent attachant au fur et à mesure que l’histoire évolue.

Nous avons rencontré VanRah à Japan Expo, elle nous raconte en détail la construction de Stray Dog. De sa création, à sa publication sur internet en passant par sa recherche d’éditeur papier. Bref, elle nous dis tout, tout sur cette oeuvre mordante.

[toggle title= »Transcription de l’interview : »]

Elle dessine depuis le lycée et arpente telle une déesse l’univers du fanzine art, elle est autodidacte et bourrée d’idée ; VanRah est adulée par des milliers d’internautes venus des quatre coins du globe. Ses séries sont toujours un succès sur le web, elle est maintenant éditée par Glénat pour « Stray Dog », sa nouvelle série dantesque. En promotion à Japan Expo, VanRah nous fait un topo sur sa série.

L’origine de Stray Dog

J’avais dans l’absolu, l’envie de passer en édition supérieure si je puis me permettre, donc en édition pro. De la part de quelqu’un qui vient de nulle part, qui n’a jamais fait d’école… En général, mes sujets ce n’est jamais ce que les autres font parce que je ne dessine et je ne réalise que ce qu’il me plaît. Du coup, c’est vrai que j’ai eu énormément de refus mais le souci c’était qu’on ne me disait jamais ce qui n’allait pas. On me disait « non mais non, non, non, ça ne marchera pas ». Donc j’ai décidé de me proposer sur la scène américaine qui propose régulièrement des tremplins pour les auteurs à savoir ils font des tests panels : vous postez votre série sur internet sur le support que vous voulez. C’est ensuite en fonction du vote du public, si le public aime et qu’il y a une bonne audience, l’éditeur se dit « bah ouais, bah finalement, ça marche », parce qu’encore une fois ce sont des plateformes qui sont internationalement lues. Cela permet aux éditeurs de se retrouver par rapport à ça, de se dire « bah ouais, je vais pas donner la chance à quelqu’un qui a 0 vue par rapport à quelqu’un qui a énormément de vues ». J’ai eu de  la chance, j’ai posté Stray Dog, parce que encore une fois c’était le projet que je voulais faire passer en édition. Il a eu du succès, beaucoup beaucoup de succès dès le départ ! Je l’ai mis en ligne, 3 mois plus tard il avait 1 000 000 de vues par semaine avec une rentabilité de plus de 3 000 euros par mois.

Le choix du support

Je fais toujours des séries très détaillées donc à la base c’est une énorme série dès le départ donc il fallait un support manga parce que le faire en graphic novel cela impliquait qu’il fallait faire des pages couleurs, à un moment donner faut les couper, il faut faire des gros plans sur certaines scènes donc des pauses dans le récit qu’on a pas forcément besoin de faire dans le manga. C’est pour ça qu’il y a si peu d’illustration dans Stray Dog, j’aime à dire que c’est une série qui se lit, ce n’est pas une série qui se regarde.

Le choix du thème : La bête du Gévaudan

Je suis fascinée par le loup de manière générale. Par la beauté de l’animal, par les codes et les valeurs qu’il véhicule au sein de sa meute qui sont quasiment humain. Il jouit d’une réputation exécrable que ce soit en littérature, que ce soit dans le folklore naturel, dans les contes aussi. Et ça, c’est vraiment typiquement européen, pays du nord. Dès que vous allez dans d’autres cultures, le loup c’est vraiment un animal qui est fascinant, qui véhicule vraiment des valeurs totalement différentes. Ce côté-là m’intéressait aussi parce que je me disais « voilà, encore une fois, on a beaucoup de clichés à propos de beaucoup de choses ». L’intérêt du mythe de la bête du Gévaudan, c’est une histoire qui s’est passé chez nous, en France donc ça parle à beaucoup de gens. Une énigme policière qui n’a jamais trouvé de finalité, qui s’est réellement produite puisqu’on a encore sur les régions du passage de la bête, des stigmates vraiment visuels, on a des statues, on a des commémorations des gens qui sont morts pendant les attaques de la bête, on a des rapports qui ont été rédigés par des acteurs de la scène de l’époque : par des évêques, par des naturalistes, des documents qui existent et qui sont consultables. Donc on a tous les ingrédients pour faire une bonne histoire de base.

Le choix des prénoms

Pour les prénoms japonais, il y a une signification particulière. C’est-à-dire que quand on voit vraiment l’étymologie du mot ou la signification du nom, c’est en rapport finalement avec le rôle du personnage dans la série, sa finalité, son actuel devenir lors de la série, voire ce qu’il s’est passé au départ, voire ce qu’il représente aussi au niveau de la série. Par exemple, il y a un personnage qui s’appelle Kira. Cela peut être un nom basique, dans la culture chinoise « Kira » c’est le diable et dans la culture japonaise c’est un « tueur » (« killer »). Mais d’un autre côté c’est un personnage qui fait effectivement énormément de victimes. Le nom Kira, si vous l’écrivez, sur certains idéogrammes, si vous en rajoutez un autre cela veut dire « personne maudite » donc ça correspondait à son statut. Mes histoires ont plusieurs niveaux de lecture que ce soit au niveau du scénario ou pour tous les détails. Il faut tout regarder. Toru à la base, au niveau du nom, ça veut dire le changement et lui effectivement le changement qu’il a, que ce soit au niveau de sa conscience tout simplement, que ce soit au niveau de sa forme, de son aspect, c’est un changement sur plusieurs plans. Egalement, le changement au niveau vital puisque c’est un personnage qui décide le droit de vie ou de mort sur les autres. Les noms sont décidés par rapport à tout ça.

La construction de l’histoire

Je construis toujours mes histoires sur la mise en avant d’un personnage, de mes personnages. Stray Dog, c’est parti sur l’idée d’avoir un personnage qui avait cet état d’esprit-là car je n’avais jamais fait un personnage qui avait telle contrainte, tels tenants, tels aboutissants avec autant de thème qui lui reviennent dessus. Ce personnage-là, il a ça comme background donc par rapport à ça je me suis dit : « voilà, j’ai un personnage, dans quel contexte je vais pouvoir le faire évoluer » ensuite le contexte se met en place. Après, quel thème dans la BD, j’aimerais aborder ? Je veux mettre en place, le thème de l’exclusion, du clivage interracial, etc, je voulais exprimer ça. Après, sur quelle intensité je voulais l’exprimer ? Donc là, cela part vraiment sur des extrêmes parce que je veux faire réagir les gens. Il y a aussi beaucoup le thème du deuil qui est mis en avant dans le sens où c’est abordé par plusieurs personnages, chaque personnage a sa manière de concevoir le deuil. Après, j’ai créé les personnages secondaires. Si le héros a telles conditions, telles contraintes, etc, qu’est-ce qui va pouvoir faire justement titiller ces contraintes et les faire apparaître ? Ou au contraire qu’est-ce qui pourra l’aider à s’en défaire, donc ensuite il faudra tel personnage et ce personnage là il faudra ensuite le faire se détacher assez du héros pour qu’il soit charismatique aussi. C’est pour ça que Senri qui est associé à ce genre de personnage dans le premier volume, est l’exacte pendant de Toru parce que lorsqu’on met les deux ensemble, l’un fait ressortir le second… C’est comme une tâche d’huile, je pars d’un point du centre avec mon personnage principal ou mes personnages principaux et ensuite se tisse tout ce qui va avec et tout ce qui va se former par rapport à ces derniers.

Des rencontres à faire

J’aurai aimé rencontrer Jimmy [Jim Lee] qui est mon idole total en comics mais bon ça, je suppose qu’il est trop occupé pour venir en France. Mais si jamais il veut venir en France et qu’il n’a pas de quoi se loger, j’ai les tentes Quechua qu’il faut pour l’accueillir 😀 . Après, il y a pas mal d’auteurs japonais dont j’adore le trait, par exemple Miwa Shirow qui m’a aussi influencé au niveau de la conception de mes scénarios, ces auteurs ont vraiment une capacité d’introduction de leurs histoires et de la finalité de leurs histoires qui sont peu communes. Hiroyuki Asada aussi, qui présente une histoire très poétique et qui est toujours très bien agencée en plus d’avoir un dessin extraordinaire par-dessus.

Un dernier mot

Si vous pouvez prendre autant de plaisir à lire ma série que j’en prends quotidiennement à la dessiner et à la créer, franchement, cela serait pour moi un énorme cadeau, ça serait formidable !

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Cover du tome 1 de Stray Dog de VanRah édité chez Glénat

L’histoire

Ishtar. Un monde oscillant entre lumière et ténèbres où se côtoient présent et passé, patrimoine et renouveau, pierres antiques et technologies nouvelles. Un monde partagé entre une surface idéalisée et une réalité plongée dans le chaos. C’est au sein de cet univers que vont se croiser deux personnes au destin incertain et que tout oppose : Aki, une jeune fille ayant perdu le goût de sourire, et Toru, un Karat, un lycan aux yeux rouges, possédé par une malédiction funeste. Ce qui les lie ? Un contrat d’obéissance qui permet de contrôler les Karat et fait de la jeune Aki la maitresse de Toru.

Pour voir ou acheter les autres œuvres de VanRah :

Copyright : STRAY DOG © 2015 VanRah / Editions Glénat