Espace Manga #14 – Golden Kamui, la chasse au trésor des Aïnous est ouverte !

L’été prend fin et quoi de mieux qu’une bonne bouffée d’air frais pour éclipser cette chaleur étouffante ?

C’est ce que propose la dernière nouveauté de l’éditeur Ki-oon avec Golden Kamui de Satoru Noda !

L’histoire prend place à Hokkaido peu après la guerre russo japonaise du début du xxe siècle, du temps où les détecteurs de métaux n’existait pas encore, vous allez comprendre pourquoi…
Saichi Sugimoto plus connu par son nom de guerre Sugimoto l’immortel se retrouve sans travail et surtout sans argent. Il se reconverti en chercheur d’or de fortune mais à Hokkaido les filons sont pratiquement tous déjà épuisés !

La chance va tourner lorsqu’on lui raconte l’existence d’un fabuleux trésor aïnou de 75 kg d’or.  Actuellement ça représente la bagatelle de 6,5 millions d’euros. Sans trop spoiler, ce trésor a été volé au peuple aïnou par une personne qui se retrouve à présent enfermé dans la pire prison d’Hokkaido.Pour retrouver le trésor, ce vil personnage a eu la bonne idée de se la jouer prison break et de tatouer une sorte de carte cryptée du trésor sur le corps de 24 prisonniers qui sont désormais en fuite ! Ni une ni deux, Sugimoto l’immortel se lance à leur poursuite et va faire la rencontre en chemin d’Ashirpa une jeune aïnou liée elle aussi au trésor… Avec la puissance de Sugimoto et les connaissances d’Ashirpa, la chasse débute !

C’est vrai que quand on m’avait dit que ce premier tome offrait une lecture atypique, je n’avais pas vraiment compris le sens de cette phrase mais après avoir lu le tome 1, on comprend tout de suite que c’est une lecture sur deux niveaux, d’un côté nous avons l’histoire en tant que telle avec l’intrigue et l’aventure de la chasse au trésor et d’un côté nous avons tout le côté culturel sur l’époque, les lieux, la culture Aïnoux en général mais aussi sur leur technique de survie en milieu hostile ou encore leur technique de chasse. On a par exemple tout une sorte de cours de cuisine sur comment faire un bon ragout d’écureuil. Cela rappelle le titre Bride Stories publié chez le même éditeur et la qualité de Golden Kamui est totalement similaire à Bride Stories : un beau graphisme porté par une magnifique découverte culturelle !

Sugimoto aurait dû s’arrêter de chercher le trésor directement après avoir rencontré Ashirpa, pourquoi ? Car ça se voit tout de suite qu’elle a un cœur d’or … donc il aurait pu la planter et …

Espace Manga #13 – Marie-Antoinette de Fuyumi Soryo, la jeunesse d’une reine, un manga très romancé

Espace Manga #13 - Marie-Antoinette de Fuyumi Soryo, un manga très romancé

Si je vous dis : petit trianon, Autriche et Brioche… Et oui!
Je vais vous parler du manga de Fuyumi Soryo, Marie-Antoinette, la jeunesse d’une reine aux éditions Glénat.

Une fiction historique de plus relatant la vie de la plus tristement célèbre des reines ? Et bien pas tout à fait…
Ici l’auteur a décidé de traiter de la jeunesse de madame Antoinette, qui je le rappelle n’a que 14 ans lorsqu’elle devient la dauphine de France au côté de son époux, Louis-Auguste de France futur Roi Louis XVI.
Période assez peu traité en général puisque beaucoup ont préféré s’attarder sur la fin de son règne et son exécution.
Le manga se compose comme un flashback des jeunes années de la reine où l’on découvre son arrivée à la cours de Versailles, l’apprentissage des codes de ce milieu o combien cruel ainsi que son angoisse de ne pas aimer et de ne pas se faire aimer de son mari.

Fuyumi Soryo m’a agréablement surprise je dois dire. Je pensais tomber une fois de plus sur une histoire fantasmée de Marie-Antoinette. Au final j’ai découvert une histoire, certes très romancée où Monsieur Louis-Auguste apparait plutôt très séduisant voir un brin sexy, mais une histoire bien construite et surtout très bien référencée.
L’auteur de Cesare nous laisse découvrir des lieux, des moments de la vie de Marie-Antoinette peu traité dans d’autres histoires.

On y découvre le quotidien de la dauphine et également le caractère particulier que Marie-Antoinette affiche déjà à son jeune age. Cela permet de se projeter et de comprendre certain aspect futur de la vie de la Reine.
Les dessins sont très beaux ! Les références de costumes, aussi bien ceux de Marie Antoinette que le reste de la cours de Versailles, sont très bonnes et les détails sont soignés, précis, ce qui apporte un réel plaisir de lecture.
Les décors sont également qualitatifs. Chaque double page de décor est une sorte de tableau où l’on aime scruter le moindre petits détails.

On sent qu’il y a beaucoup de travail de recherches derrière ce manga. Il faut savoir que cette histoire a été créé en triple collaboration entre éditions Glénat et Kodansha au japon ainsi que le Chateau de Versailles !
Fuyumi Soryo a d’ailleurs passé plus d’un mois en France à se documenter. C’est inédit et tous ensemble nous ont offert un manga plutôt de qualité.

Le manga reste quand même très romancé. Il ne faut pas oublier que ce manga est considéré comme un seinen et il peut arriver des moments où on se pose la question de la véracité
mais ça a été très bien fait et pensé par l’auteur qui arrive à nous donner une vraisemblance et un fil conducteur qui se tient parfaitement.
Le lecteur est happé par l’histoire et on arrive facilement à s’attacher aux personnages même si nous savons tous comment ça se finit…

Allé! Tous à la Bastoche ce soir c’est brioches!

Espace Japan #15 – Keiro No Hi – La journée des anciens pour une population qui vieillit de plus en plus.

Espace Japan #15 - La population japonaise vieillit et ca devient difficile pour le Japon

En septembre au Japon, c’est le mois où l’on célèbre les vieux et une journée est même attribué au respect des anciens :  c’est le Keiro no hi.

Et dans un pays où plus de 60 mille personnes dont 87% de femme sont centenaires. On peut dire que c’est un peu la fête.
On offrait même aux nouveaux centenaires un sakazuki, un bol de saké en argent pour célébrer leur longévité.

Cette fête date de 1966, à l’époque il n’y avait que 163 vétérans… Maintenant le gouvernement s’est rendu compte que ce cadeau coûte cher, très cher et qu’il en a pour : 1.8 millions d’euros !
Le gouvernement cherche donc une nouvelle façon d’honorer leur vieux, en envoyant par exemple une simple lettre de félicitations.

Le vieillissement de la population devient donc  limite une affaire d’état, depuis 2010, le taux de natalité est à son plus bas avec 1,4 enfants par femme, ce qui veut dire que le renouvellement générationnel n’est plus du tout assuré. 4 actifs sur 10 ont plus de 65 ans et ils comptent plus de 27% de la population japonaise. En 2050, ils seront plus de 41%, presque la moitié des japonais !

Qui dit vieillesse dit forcément retraite, vu qu’il y a trop de personnes âgées et pas assez de jeune et d’immigration, les entreprises sont obligées d’embaucher des vieux qui ont une petite retraite en compensation d’horaires aménagées et un salaire bas.

Dans certaines régions, le taux de criminalité des sexagénaires a même augmenté. Ils préfèrent commettre des délits pour pouvoir être en prison afin d’avoir le gite, les soins et le couvert gratuit, au lieu de croupir dans la rue et mendier. D’ailleurs le taux de sdf de plus de 65 ans est passé maintenant à plus de 30%

Du coup, les vieux deviennent un moteur de l’économie robotique, des robots coaching comme Pepper, un robot humanoïde capable de reconnaître les émotions humaines et s’y adapter sont installés dans certaines maison de remise en forme (pour les plus riches), car il n’y a pas assez d’aide soignant. Des innovations de plus en plus farfelus sont créés pour optimiser au mieux la vie des plus anciens. Et pour lutter contre l’isolement des plus vieux, des robots comme Paro, le phoque ou Smiby, le bébé robot, sont créés pour donner de la douceur et de la sympathie aux personnes âgées dans les maison de retraite.

Le Japon… est plus que jamais le mélange entre l’ancien et le moderne.

Bon ma petite Klaym, on va se dorer la pilule au Japon hein, c’est le paradis des vieux, aller viens, on y va.