[Interview] – Laurence Baldetti la belle magicienne au crayon de La quête d’Ewilan

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Jeune illustratrice, Laurence Baldetti a présenté sa deuxième série au festival d’Angoulême : La quête d’Ewilan. L’adaptation de la célèbre trilogie fantastique de Pierre Bottero, racontant l’histoire peu commune d’Ewilan.

Ewilan n’est pas une fille comme les autres, elle est née dans un monde où la magie existe. Cette magie est l’Art du Dessin et fait appel à l’imagination. Ewilan va très vite maîtriser ce pouvoir et va devenir la sauveuse de ce monde magique. Avec l’aide de son meilleur ami et de sa guilde, elle va affronter son destin.

Cette adaptation compte deux tomes pour le moment et c’est la belle Laurence Baldetti qui est au crayon.

L’occasion pour Manga.tv d’en savoir un peu plus sur son travail grâce à une interview exclusive, la seule et unique donné lors du festival !

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Laurence Baldetti – Manga report – Manga.tv

Est-ce que tu peux te présenter à ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Bien sur ! Je suis Laurence Baldetti, auteure de bande dessinée. J’ai fait deux séries dont Perle Blanche sortie il y a quelques années et La quête d’Ewilan  dont le tome 2 vient de sortir au mois de novembre.

Peux-tu nous parler des différences au niveau du dessin entre Perle Blanche et La quête d’Ewilan ?

couverture-perle-blanche-laurence-baldetti-glenat-interview-manga-report-manga.TvJe dirai que c’est subtilement différent, surtout au niveau technique. C’est mon premier album, première série, premier projet solo, j’ai pu tester plus de choses et essayer d’instaurer un style sur lequel je me suis fixée. C’est donc plus jeune que le travail que sur La quête d’Ewilan où j’ai essayé de faire quelque chose de plus sympathique. De plus, les personnages ont été validés avec mon éditeur. Ça reste mes personnages mais modifiés, ce qui transforme mon style. Dans l’essence les deux séries sont les miennes avec ma patte même si l’une est plus pour les ados et l’autre plus pour les adultes. Je pense aussi que le traité du trait ne se ressent pas de la même manière lorsque on dessine pour des adultes (peut-être plus violent) ou pour les ados (plus aventureux, fantastique).

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Laurence Baldetti – La quête d’Ewilan – Glénat

Pourquoi préfères-tu utiliser un coloriste sur vos séries ?

Pour ma part, je n’imagine pas mes dessins en couleur. Je ne fais donc pas la couleur car je considère que c’est un métier à part entière. Je pense que je saurais le faire mais ça serait très long et pénible car le traitement de l’illustration n’a rien voir avec celui de la BD : on va traiter une ambiance, un ressenti, une émotion, pas forcément réel… Donc je n’estime pas que mon niveau de couleur soit suffisant. Je sais en faire mais ça ne m’intéresse pas particulièrement. Je suis très admirative du travail des autres. Souvent le fait d’avoir la couleur de quelqu’un d’autre amène quelque chose auquel on n’aurait pas pensé et apporte un éclairage différent sur son travail. C’est très intéressant !

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Laurence Baldetti – La quête d’Ewilan – Glénat

Comment es-tu arrivée sur le projet de La quête d’Ewilan ?

D’abord parce que je travaillais chez Glénat. Ensuite parce que ça traînait dans les cartons depuis un moment. Le projet a été initié par Jean-Claude Camano, éditeur chez Glénat, il voulait adapter le roman sorti il y a quelque temps. Il y a donc eu un premier dessinateur et un premier scénariste, mais le travail était très long. Plus tard, après avoir travailler sur Perle Blanche que je venais de terminer, et il m’a proposé de rejoindre le projet. Ne connaissant pas beaucoup le sujet j’ai lu le roman pour la première fois et donc par pur hasard, je me suis lancée dans la série.

As-tu lu tous les romans ?

C’est une question que l’on me pose souvent : est-ce que j’ai lu TOUS romans ? Non ! (rires) Déjà car je travaille non-stop dessus, ça fait un peu redite, donc le soir, quand je lis, c’est plutôt autre chose. J’ai plutôt tendance à lire le roman quand j’ai terminé de travailler sur la BD. Je prends toujours un peu de vacances et j’en profite un peu. Pour le travail, je lis le tome 1 pour travailler sur le tome 1, et ainsi de suite, mais je ne les lis pas à l’avance.

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Comment se passe le travail avec le scénariste ?

Le scénariste fait un découpage planche par planche. Il va gérer le nombre de séquences avec le nombre de planche qu’il faut pour faire une scène d’action.

C’est en bref tout le passage sur lequel le personnage effectue son action. Ensuite, il met le nombre de cases qu’il souhaite sur la planche avec le texte, et l’action avec les indications : plan large, serré, tel personnage qui fait ça ou ça… Mais la manière de travailler varie en fonction des scénaristes.

Il va scénariser le tout de façon assez complexe et je fais la mise en scène. Je vois ce qui est possible de faire, ce qui marche le mieux dans la dynamique, je travaille une première fois à partir de ses notes et ensuite on discute de ce qui fonctionne ou pas.

Je passe ensuite à la phase de recherche de plans : comment je vais montrer ce personnage, cette action… pour que la signification soit là.

On réfléchit, faut pas croire 😉

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Laurence Baldetti – La quête d’Ewilan – Glénat

Est-ce que comme Ewilan, vous avez le pouvoir de faire apparaître des choses que vous imaginez ?

J’ai ce pouvoir ! J’imagine des choses et elles apparaissent en livre ! C’est magique. Mais un magicien ne doit jamais dévoiler ses pouvoirs.

Comment se déroule la suite de ton planning de parution ?

La quête d’Ewilan sera en six tomes, à raison d’un roman en 2 tomes de BD pour avoir la meilleure adaptation possible, avec tous les ans une sortie entre octobre et novembre.

En parallèle, j’ai aussi un projet qui a démarré avant la La quête d’Ewilan avec Mathieu Mariolle qui sera un one shot : l’histoire se déroule en Inde au 18ème siècle, on suit Arjuna, une mercenaire indienne œuvrant pour les colons. C’est un peu l’histoire d’une anti-héro, pas très sympa, évoluant dans un monde dans lequel les divinités hindoues existent vraiment. Le folklore est donc très présent et on va découvrir ce qu’elle fait pour les colons, et la grande aventure dans laquelle elle s’est embarquée. Un bon mélange de religion hindoue et de fantastique, mais pas de date de sortie encore prévue. A suivre !

Propos recueillis par Boudou et Mei Lee

Merci à Laurence Baldetti pour cette belle interview et pour sa gentillesse.

Pour découvrir son univers  : http://lorncblr.tumblr.com/

Couverture-la-quete-d-ewilan-laurence-baldetti-interview-manga-report-glenat-manga.tv Couverture-la-quete-d-ewilan-2-laurence-baldetti-interview-manga-report-glenat-manga.tv

La selection manga à Angoulême

La sélection officielle du 39ème Festival International de la BD d’Angoulême a été défini hier lors de la conférence de presse.

Pas moins d’une dizaine de manga ou apparenté au monde du manga vont concourir dans les divers sélections : Officielle, jeunesse, polar et patrimoine.

 

 Sélection officielle

  • Bride Stories Vol.1 (Ki-oon) de Mori Kaoru

Asie centrale, fin du XIXe siècle. Amir va être mariée contre sa volonté à un garçon plus jeune qu’elle… Mais la famille de la jeune femme décide d’arranger pour elle un autre mariage. Une série essentielle, portée notamment par la beauté de ses décors.

  • Le Samouraï Bambou Vol.7 (Kana) de EIFUKU Issei & Matsumoto Taiyo

À Edo (l’ancien Tôkyô), il y a deux cents ans, un samouraï sans maître, virtuose du sabre, décide, pour ne plus être tenté de le dégainer, de remplacer son arme par un sabre de bambou.
Ainsi commence sa nouvelle vie d’homme sage, rendu encore plus fort par son apparente faiblesse. Une fable lumineuse, habitée par le dessin suprêmement élégant de Matsumoto.

  • Soldats de sable (Le Lézard Noir) de Higa Susumu

Au printemps 1945, dans l’île d’Okinawa, la guerre prend fin sous les yeux des habitants, victimes à la fois des bombes américaines et des soldats japonais qui les utilisent comme bouclier. Adoptant le point de vue de plusieurs personnages, Susumu Higa met en évidence l’impuissance des civils face à la cruauté de la guerre.

  • Une vie dans les marges Vol.1 & 2 (Cornélius) de Tatsumi Yoshihiro

Acteur majeur d’une époque fondatrice du manga (il est l’initiateur du gekiga à la fin des années 50), Tatsumi offre à travers ce récit au long cours un témoignage de première main sur la bande dessinée dans le Japon de l’après-guerre. Un livre-somme, à la fois autobiographie, roman social et document historique.

  • Les Vacances de Jésus & Bouddha Vol.2 (Kurokawa) de Higa Susumu

Décidant de prendre des vacances bien méritées sur la Terre, Jésus et Bouddha s’installent à Tôkyô, où ils peuvent enfin se relaxer et vaquer à des occupations plus terrestres. Immense succès au Japon, ce manga original propose un regard décalé sur la société japonaise d’aujourd’hui.

  • Tônoharu  (Le Lézard Noir) de Martinson Lars

Daniel Wells, jeune et timide professeur d’anglais, s’installe dans une petite ville japonaise. Bien loin des clichés tokyoïtes, il doit composer au quotidien avec un environnement froid et angoissant. Un livre passionnant qui remet en question la perception occidentale du Japon.

 

Sélection jeunesse

  • Chi, une vie de chat Vol.6 (Glénat) de Konami Kanata

Que faire quand on est un mignon petit chaton et que d’un coup on se retrouve tout seul ? Pleurer ? Ne rien faire ? Attendre ? Non, il y a bien mieux que ça : découvrir le monde !
De la chasse au pigeon à l’exploration du parc, de l’aspirateur à gâteaux aux courses-poursuites en tout genre, bienvenue dans une vie de chat pleine de joies et de surprises.

  • Crime School Vol.1 (Dargaud) de Morvan et Ooshima

Ici, les derniers sont primés et les premiers sont punis ! Tomoki est honnête, gentil, serviable, et aime par-dessus tout traîner dans les jupons de sa maman. Alors pour lui, la rentrée des classes dans cette école bien particulière, où petites frappes, voyous, délinquants de tout poil font la loi, risque d’être mouvementée…

Sélection patrimoine

  • Kuzuryu (Kana) de Shôtarô Ishinomori

À l’époque d’Edo, Kuzuryû retrace sur quelque 700 pages les tribulations souvent tragiques d’un apothicaire ambulant qui est aussi un tueur à gages à la recherche de son passé. Près de quarante ans après sa parution initiale au Japon, cet éblouissant  one shot  du grand Shôtarô Ishinomori n’a toujours pas pris une ride.

  • Sous notre atmosphère (Editions H) de Osamu Tezuka

Un taulard en cavale, un tortionnaire nazi, un espion industriel, une fugueuse amoureuse d’un clochard… Leur seul point commun : partager la même atmosphère, celle de la Terre et du monde grouillant des hommes. Une galerie de destins disparates à travers lesquels Osamu Tezuka livre sa vision de la condition humaine

  • Le Voyage de Ryu Vol.5 (Glénat) de Shôtarô Ishinomori

Voyageur spatio-temporel, Ryû se réveille seul sur un monde inconnu après le crash de son vaisseau, ses compagnons morts. Il vivra de trépidantes aventures où le temps et l’espace se télescopent, passé et futur inextricablement mêlés.
La redécouverte d’une saga SF à la manière des grands classiques, et toute la virtuosité d’un maître mangaka.

Sélection polar (nouveau prix en partenariat avec la SNCF)

  • Soil Vol.6 de Atsushi Kaneko

À Soil Newtown, ville nouvelle au milieu du désert, l’apparente normalité se lézarde de partout : disparitions, événements surnaturels, morts violentes et prolifération de mystérieux blocs de sel…
La police mène l’enquête dans une ambiance de folie rampante, tandis qu’Atsushi Kaneko revisite avec brio les codes du thriller et du cinéma d’horreur.

 

 

Et félicitation aussi à nos amis Frédéric Antoine et Yves Rodier pour la sélection de leur excellente BD dans la sélection Polar : Les aventures d’El Spectro , les mutants de la Lune Rouge (Lombard) !

Cette année le festival d’Angoulême en profitera aussi pour faire une exposition spécial Taïwan.

Le « manga » Taiwannais est en plein essor. Les dessins et les histoires sont fabuleuses.  N’hésitez pas a y faire un tour.

L’espace Mangasie  en partenariat avec MCM s’agrandit et vous fait profiter des toutes les actualités et conférence autour du monde du manga.

Une année riche en manga pour ce 39è Festival de la BD !