Le test de Wooshie – BATTLEFIELD 1

Le test de Wooshie – BATTLEFIELD 1

AUX ARMES CITOYENS !

Après avoir fait ses preuves dans une démo multi il y a quelques temps, Battlefield 1 est sorti ce 21 octobre 2016. L’occasion pour nous de se pencher sur le nouveau bébé de DICE. Exit donc les affrontements modernes ou futuristes, cet épisode nous propose de remonter le temps.

Sortez les baïonnettes citoyens et préparez-vous pour l’horreur de la Grande Guerre.

LA OU ON VA, IL N’Y A PLUS DE ROUTE

Dès l’introduction du jeu, les développeurs donnent le ton de cet épisode. Sombre, violent, cruel. Dès les premiers instants, le titre nous met dans la peau d’un jeune soldat en plein combat, quelques minutes plus tard, notre personnage meurt, dévoilant son nom, sa date de naissance… et de mort. Aussitôt, la caméra s’éloigne et nous fait prendre le contrôle d’un second personnage, qui viendra à mourir également, puis un autre, puis un autre. Le message est clair, dans l’horreur de la guerre, il n’y a pas de héros, simplement une multitudes d’hommes voués à s’entretuer.

L'horreur de la guerre dans toute sa splendeur

L’horreur de la guerre dans toute sa splendeur

C’est dans cette optique qu’est construit le solo de ce Battlefield qui nous propose de prendre part à plusieurs « War Stories ». Indépendants les uns des autres, ces récits de guerre racontent les péripéties de plusieurs protagonistes. On incarnera tout à tour un pilote anglais, un vétéran australien, un soldat d’élite italien, un jeune pilote de char britannique et un proche de Lawrence d’Arabie. Ces campagnes sont mises en scène de manière différentes faisant penser à des films de guerre hollywoodiens. Les personnages sont plutôt stéréotypés et les situations classiques mais l’ambiance qui se dégage de ces histoires est saisissantes.

Les war stories mettent en scène différents personnages sous la forme de petit films

Les war stories mettent en scène différents personnages sous la forme de petit films

Si les objectifs n’ont rien de palpitants (aller du point A au point B), le jeu vous laissera l’opportunité de jouer la carte de l’infiltration. Grace aux jumelles, vous pourrez localiser les gardes et ainsi appréhender leurs rondes. Sur une simple pression du pavé tactile (sur PS4), vous pourrez lancer un leurre et ainsi détourner leur attention. Bien entendu, se faire détecter n’est pas dramatique en soi et n’est pas synonyme de Game Over. L’idée est sympathique et permet de changer un peu de registre.

Mise à part l’aventure italienne un peu en deçà des autres, ces cinq histoires se laissent vivre de bout en bout. En revanche, ne comptez pas plus de 6 ou 7 heures pour finir ce mode solo qui finalement ne sert que de tutorial pour le multijoueur.

La war story italien sert essentiellement à mettre en avant les classes élites

La war story italienne sert essentiellement à mettre en avant les classes élites

ALLONS ENFANTS DE LA PAAAAARTIE… EN LIGNE

En 2015, DICE s’était exercé avec plus ou moins de succès en nous sortant Battlefront, se déroulant dans l’univers Star Wars. Si le jeu avait quelque peu déçu à sa sortie, on notait malgré tout plusieurs features plutôt sympa. Fort de son expérience, le studio suédois a repris les bases de son précédent jeu en gommant les imperfections.

Concernant les modes de jeu, on retrouvera les classiques de la série.

Conquête, qui a fait le succès de la saga, propose des parties à grande échelle pouvant accueillir jusqu’à 64 joueurs qui s’affrontent pour prendre le contrôle d’objectifs. Domination, pour des combats plus axés sur l’infanterie et un Team Deathmatch, que l’on ne présentera plus.

Le mode Pigeons de Guerre est quant à lui, une variante du Capture the Flag. L’objectif est ici de capturer un pigeon et de le libérer afin de transmettre un message avec possibilité pour l’équipe adverse de l’abattre en plein vol.

Comme d'habitude, vous pourrez prendre le contrôle de véhicules

Comme d’habitude, vous pourrez prendre le contrôle de véhicules

Ruée est un mode de jeu plutôt sympathique. La carte est départagée en plusieurs zones. L’équipe qui attaque doit détruire des postes télégraphiques tandis que les défenseurs doivent les en empêcher en désamorçant les explosifs et en se servant de ces postes pour commander une attaque d’artillerie. Si ces postes sont détruits, l’équipe qui défend doit se replier vers la zone suivante et défendre deux nouveaux points et ainsi de suite.

Les icônes servent aux Médics à repérer les soldats à réanimer

Les icônes servent aux Médics à repérer les soldats à réanimer

Le mode Opération est la nouveauté de cet opus. Pour commencer, chaque partie est présentée sous la forme d’une petite histoire. L’équipe assaillante doit capturer et maintenir des points stratégiques. A la manière du mode Ruée, les cartes sont départagées en plusieurs zones et lorsque tous les points sont capturés, les défenseurs doivent se replier vers la zone suivante. Ce mode Opération propose des affrontements à grande échelle, dans la lignée du mode Conquête à cela près que la partie ne se déroule pas sur une, mais deux cartes. Je m’explique. Vous commencez une partie où vous devez conquérir (ou défendre) plusieurs points stratégiques. Lorsque les assaillants réussissent à capturer toutes les zones, la partie recommence sur une seconde carte et c’est seulement lorsque cette deuxième map sera conquise que la partie sera gagnée.

En mode Opération, une cinématique en début de partie vous montre les objectifs à tenir

En mode Opération, une cinématique en début de partie vous montre les objectifs à tenir

L’équipe attaquante dispose d’un nombre limité de tickets de respawn. A chaque mort d’un joueur, l’équipe perd un ticket (ce qui n’est pas le cas des défenseurs qui doivent eux, tenir le chrono). Mais lorsque les attaquants n’ont plus de tickets, ils disposent de deux tentatives supplémentaires pour recommencer et seront accompagnés cette fois d’un béhémoth, un véhicule extrêmement puissant et résistant que les joueurs peuvent contrôler pour renverser le cours d’une bataille. Comptez au minimum une bonne demi-heure pour terminer une Opération.

Le Zeppelin, avec le train et le navire de guerre, est un des béhémoths que vous pouvez contrôler

Le Zeppelin, avec le train et le navire de guerre, est un des béhémoths que vous pouvez contrôler

GUERRE DE TRANCHÉES ?

9 cartes sont proposées pour le multijoueur. Bal Funeste au Château, Forêt d’Argonne, Forteresse Fao, Suez, La Balafre de Saint-Quentin, Désert du Sinaï, Amiens, Monte Grappa et Aux Frontières de l’Empire. Ces environnements sont aussi divers qu’inégaux. On appréciera la Forêt d’Argonne et sa multitude de détails (une map qui ressemble beaucoup à Endor de Battlefront), Amiens et son environnement urbain, Monte Grappa qui propose une excursion dans les montagnes pour un gameplay en verticalité. Coup de cœur également pour La Balafre de Saint-Quentin et son ambiance sombre et pesante de la guerre de tranchées. Les autres cartes sont un peu en deçà et manquent parfois d’inspiration. A noter qu’une nouvelle carte intitulée Giant’s Shadow, sera disponible sous forme de DLC gratuit en décembre.

La forêt d'Argonne est une des plus belles cartes du jeu

La forêt d’Argonne est une des plus belles cartes du jeu

Le moteur graphique fait également des merveilles. Sans être le plus beau jeu du marché, le titre s’en sort avec les honneurs. Les effets de lumières et d’explosions sont superbes. Des effets météos sont également de la partie et il n’est pas rare de voir une tempête de sable se lever ou un orage éclater. On ne voit alors plus à deux mètres et la physionomie de la partie change du tout au tout.

Les effets météo apparaissent sur la carte pour vous permettre d'adapter votre tactique.

Les effets météo apparaissent sur la carte pour vous permettre d’adapter votre tactique.

Et pour se taper joyeusement sur la tronche dans tous ces environnements, le titre nous propose quatre classes: Assaut, Médecin, Soutien, Éclaireur. Du grand classique donc pour la série.

Il existe en revanche des classes annexes. Tout d’abord, lorsque vous voulez prendre les commandes d’un véhicule, votre personnage devient automatiquement un pilote d’avion ou un pilote de char. Très fragile à pied et disposant d’une puissance de feu limité les seules véritables armes de ces personnages se sont leurs véhicules. L’idée est bonne puisque trop souvent, les avions servaient de « taxis » pour se retrouver plus rapidement au cœur des affrontements. Dans Battlefield 1, il faudra apprendre à contrôler les véhicules, un pilote ne pouvant survire très longtemps à l’extérieur.

Le Médic dispose pour une fois d'un fusil très puissant. Les sacs de soins lui permettent de gagner de l'XP rapidement

Le Médic dispose pour une fois d’un fusil très puissant. Les sacs de soins lui permettent de gagner de l’XP rapidement

Il existe également 3 classes élites : lance-flamme, sentinelle (un soldat en armure lourde) et chasseur de char. Régulièrement, une voix vous annoncera qu’un coffre se trouve à proximité de votre position. Ces classes sont extrêmement puissantes pouvant faire des ravages dans les lignes ennemies.

La classe élite sentinelle dispose d'une puissance de feu sans égale ainsi que d'une armure lourde mais un champ de vision réduit

La classe élite sentinelle dispose d’une puissance de feu sans égale ainsi que d’une armure lourde mais un champ de vision réduit

Petite déception en revanche en ce qui concerne les armes qui sont finalement peu nombreuses et très peu customisables. Chaque arme dispose de variantes à débloquer mais ne vous attendez pas à personnaliser votre arsenal. Contexte historique oblige, le choix des armes était bien moins conséquent à l’époque qu’aujourd’hui.

Plus que dans les précédents opus, le combat au corps à corps aura ici toute son importance. Il vous sera possible de charger à la baïonnette ou de massacrer vos adversaires à coup de pelle.

Les combats au corps à corps sont mis en avant dans cet opus

Les combats au corps à corps sont mis en avant dans cet opus

A noter également que le jeu propose plusieurs types de grenades. En plus de la classique fragmentation vous pourrez disposer de grenades à gaz (dont il faudra se protéger en mettant un masque à gaz) ou encore de grenades incendiaires. Plus qu’un simple gadget, la bonne utilisation de ces grenades permettra de renverser la situation.

Détruire un béhémoth est toujours un moment impressionnant

Détruire un béhémoth est toujours un moment impressionnant

DU RIFIFI CHEZ LES POILUS

Du point de vue des factions c’est en revanche la grosse déception. Si le jeu nous propose de prendre part au combat du côté des britanniques, américains, italiens, allemands, ottomans et austro-hongrois, deux grandes nations sont aux abonnées absentes. C’est donc sous la forme de DLC payants que la France et la Russie seront présentes dans l’avenir du jeu. Honteux. D’autant plus que la plupart des cartes multijoueur se déroulent en France.

Les cartes italiennes sont très jolies et proposent un gameplay tout en verticalité

Les cartes italiennes sont très jolies et proposent un gameplay tout en verticalité

Même si le jeu se déroule pendant la guerre de 14-18, on a quand même régulièrement le sentiment de jouer un jeu sur la 2nd Guerre Mondiale. Que ce soit dans le comportement des armes ou les environnements, on ne se sent jamais réellement transposé dans la Grande Guerre. Je comprends le choix des développeurs de proposer un jeu fun au gameplay rapide et nerveux mais finalement, il ne s’agit que d’un Battlefield avec un skin Première Guerre Mondiale.

Dur de voir la différence entre les guerres de tranchées et le débarquement en Normandie...

Dur de voir la différence entre les guerres de tranchées et le débarquement en Normandie…

LE FPS DE CETTE FIN D’ANNÉE ?

Battlefield 1 est un très bon jeu. Très peu bugué à sa sortie (ce qui est rare aujourd’hui), le titre de DICE a le mérite de nous proposer un vent de fraicheur dans les FPS de cette fin d’année. Le contexte historique de la Première Guerre Mondiale est une vraie bonne idée. La campagne solo est originale, le multi est stable et bien optimisé. Le gameplay est dans la lignée de la série. Avec ses cartes immenses et son système de jeu, la série s’éloigne de ses concurrents directs.

Finalement ce qui m’empêche de donner la note maximale à ce titre c’est bien l’absence des français et des russes dans le jeu de base qu’il faudra récupérer en mettant une fois de plus la main à la poche.

Et pour celles et ceux qui attendent un fast shooter, le choix cette année se fera plutôt entre Call of Duty Infinite Warfare et Titanfall 2.

La note de Wooshie :

4,5/5

J’ai aimé :

  • L’époque

  • Les War Stories

  • Le mode Opération

  • Le gameplay aux petits oignons

  • Très peu de bugs
  • Certaines cartes multi vraiment impressionnantes (forêt d’Argonne et la Balafre de Saint-Quentin pour ne citer qu’elles)

Je n’ai pas aimé :

  • Les russes et français non jouables

  • Une nervosité pas toujours cohérente avec l’époque

  • Les cartes dans le désert peu inspirées

 

Authored by: Wooshie

Boulet, mais surtout gamer depuis ma plus tendre enfance, j'ai été élevé à coup de claviers et de manettes. Du STR à l'ancienne (raaaah Dune 2) jusqu'aux derniers shooters AAA en passant par les monstres du MEUPORG, je touche à tous les styles sans honte et sans vergogne et vous livre mes impressions pour votre plus grand plaisir. Ah et j'aime martyriser Ichi. C'est fun et gratuit. Enjoy !

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