Hinako TAKANAGA se dévoile…

Hinako TAKANAGA se dévoile…

Le boy’s love était à l’honneur lors de Japan Expo 2011. Pour sa première visite en France, l’auteur Hinako TAKANAGA nous a fait le plaisir de se confier au micro de Manga.Tv. 30 minutes de confidences pour découvrir son univers, son parcours et son goût pour les beaux garçons !

Parmi les auteurs de yaoiHinako TAKANAGA a su se démarquer. Son style graphique, ses personnages et ses histoires originales font d’elle une mangaka reconnue. Lorsqu’on a ce talent pour captiver le lecteur, on ne peut s’empêcher de se demander quel est le chemin qui conduit au boy’s love ? Dans son cas, Hinako TAKANAGA vous répondrait qu’elle en lit depuis qu’elle est petite fille.

« Je lisais déjà des yaoi au lycée et ça me faisait beaucoup rire. J’ai commencé à en dessiner également et puis j’ai arrêté quand je suis rentrée à l’université »

Grâce à son ami d’enfance, elle s’est fait connaître dans le milieu en participant à un concours d’illustration dont elle a été lauréate. C’est ainsi que la maison d’édition à l’origine de ce concours lui proposa de faire sa propre série. Un défi relevé haut la main qui l’incite tous les jours à en faire toujours plus.

Silent Love © HINAKO TAKANAGA / LIBRE PUBLISHING CO., LTD

Les sources d’inspirations d’Hinako TAKANAGA ne s’arrêtent pas à ses lectures. Sa passion pour le cinéma y contribue largement.

« je regarde beaucoup de films et de documentaires, je puise mes idées dans tout ce que je vois ».

Lorsqu’elle écrit un manga, elle ne choisit pas la facilité : Le personnage de Silent Love quasi inexpressif en est la preuve. Faire une série en plusieurs tomes avec un tel caractère principal n’est pas aisé.

« Effectivement, au départ, cela devait être un one shot, donc ça ne posait pas de problème. Mais quand l’histoire s’est prolongée, c’est devenu plus difficile. C’est pour ça qu’est apparu à nouveau des personnages comme Sagara et Kagami qui font d’ailleurs de plus en plus d’apparitions au fur et à mesure que le manga progresse (rire) »

Et si vous lui demandez pourquoi ne s’est elle pas mise au shojo, dont l’influence est flagrante dans son travail, elle vous répondra :

« à cause de mon emploi du temps ! » En effet, celui-ci ne lui permet pas de se lancer dans de nouveaux genres de manga tel que l’héroic fantaisy et autres univers magiques. « si j’en ai l’occasion j’aimerais bien faire une série sur ce thème. On m’a déjà proposé d’en faire, alors j’espère pouvoir saisir l’occasion bientôt ».

Silent Love © HINAKO TAKANAGA / LIBRE PUBLISHING CO., LTD

Il est vrai que lorsqu’un tome comporte en moyenne 5 histoires et que pour chaque histoire en comptant le dessin et la création, il faut environ un mois sans compter la couverture, ce sont 6 mois qui passent à une vitesse fulgurante. Si vous prenez d’ailleurs le temps de lire en détails ses œuvres, vous vous apercevrez qu’elle ne néglige aucun détail. Dans ses postfaces, elle prête une attention particulière à son public. N’avait-elle pas des appréhensions en allant à la rencontre de son public français pour la première fois ? D’après elle, le terme « nerveuse » était de rigueur.

« Je ne connaissais pas votre culture et je me demandais ce qu’aimaient les français dans mes mangas. De plus, le temps passe trop vite en dédicace, ce qui ne me laisse que peu de moments pour discuter avec mes fans. C’est assez frustrant. »

Néanmoins, elle fût contente de les rencontrer et de voir leur enthousiasme, surtout lorsqu’ils disent adorer ses séries, parfois même en japonais. C’est donc une auteur émue et comblée qui se présenta devant nous.

 

     

Un panel d’émotions ressenties par Hinako TAKANAGA qu’on retrouve aussi bien des livres. Des personnages tantôt exubérants, tantôt réservés ou encore colériques et spontanés. Dans The Tyrant who fall in love le caractère principal est un fils ainé, orphelin de mère et d’un père absent.

« Il représente la norme dans la société donc il devient agressif de façon excessive car il est amoureux mais ce n’est pas acceptable. C’est cet aspect que j’ai voulu montrer. »

Il est vrai que la normalité fait que l’homosexualité n’est pas toujours vu d’un bon œil. En France, nous avons cette chance de pouvoir assumer nos tendances sexuelles, mais au Japon, est-ce vraiment la même chose ?

« Il y a de moins en moins de préjugés. Sur le petit écran, des célébrités affichent leur homosexualité mais ça reste toujours une minorité. Le boy’s love est d’ailleurs un marché en expansion mais il reste encore un marché de niche dans le manga. »

Le yaoi influence peut être les jeunes mais de manière générale les lectrices de boy’s love ne sont pas gays. Donc même s’il y en a, ce n’est pas représentatif. En revanche, ce qui est possible, c’est que lire des boy’s love fait que les japonnais(es) ont certainement moins d’idées préconçues sur le milieu gay. Bien que des progrès soient encore à faire, est-il vraiment possible de libérer le Japon de sa « norme » ?

Il est cependant sûr qu’Hinako TAKANAGA n’arrêtera pas de nous faire rêver avec tous ses beaux garçons aux caractères impulsifs.

« Je pense que si je devais sortir avec l’un de mes personnages, ça serait Morinaga, c’est le plus droit et le plus sincère donc c’est certainement avec lui que je serai la plus heureuse ».

En tout, l’auteur de Silent Love trouve son bonheur du moment dans les jeux vidéo en réseau ! Et oui, sous ses airs angéliques se cache un côté geek sûrement commun à beaucoup d’entre nous.

« Je n’ai pas énormément de temps libre mais j’adore les petits jeux en ligne qu’on trouve sur Mixi (FaceBook japonais). Je joue à  Kingdom, il faut construire une ville ou un pays, et gérer la vie des habitants, un peu comme les Sims. »

Voilà de nouveaux héros de fiction qui sont entre de bonnes mains.

     

 

Mais entre nous, ce qui nous intéresse vraiment, ce sont surtout ses futurs projets, notamment Kimikoi. Une série déjà parue au Japon dont le 3ème tome sortira prochainement. A découvrir bientôt chez Kazé ? Affaire à suivre…

 

© HINAKO TAKANAGA / LIBRE PUBLISHING CO., LTD

Portrait chinois :

  • un pays : Japon
  • animal : un chien
  • femme célèbre : Kiki la petite sorcière
  • un film : Amadeus
  • fleur : Véronique (petite fleur bleu)
  • couleur : violet
  • une boisson : un café
  • musique : musique traditionnelle

 

 

 

Authored by: Urahara

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