Une loi pour le développement sain de la jeunesse au Japon

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On le sait, les mangas provoquent régulièrement la polémique tant la représentation physique des personnages peut être équivoques quant à l’âge qu’ils ont réellement. Cela pourrait changer prochainement puisqu’à force de faire du lobbying, les associations puritaines ont obtenu qu’une proposition de loi dite « pour le développement sain de la jeunesse » a été faite, prohibant toute représentation sexuellement incitative d’un personnage semblant avoir moins de 18 ans.

Cette proposition est actuellement étudiée par une partie des députés qui réfléchissent à sa recevabilité. Si la proposition passe cette étape, elle sera présenté au vote de l’assemblée à la fin du mois et pourrait ensuite être effective d’ici l’automne.

Si la motivation première de cette loi est indiscutable – éviter une exploitation de la pédo-pornographie fictive et protéger les enfants, on peut encore se poser la question de l’efficacité et la portée d’une telle loi. En effet, la loi propose d’interdire des images qu’on trouverait choquantes d’une oeuvre de fiction. Contrairement aux images réelles de pornographie infantile, où le délit est nécessairement absolu puisque c’est l’âge du modèle qui compte, il s’agirait là de juger du caractère dérangeant d’un personnage de fiction, une action éminamment subjective et dont l’efficacité reste encore à démontrer.

De nombreuses personnes au Japon s’opposent donc à cette loi et tentent d’expliquer en quoi elle est inepte. Parmi ses détracteurs, on retrouve le célèbre dessinateur Yoshitoshi ABe, créateur de Serial Experiment Lain et Niea_7. Son propos s’appuie donc sur différents arguments dont le fait que de nombreuses oeuvres grand public tomberaient sous le coup de la loi (Doraemon ou Sazae-san par exemple) puisqu’on y retrouve des scènes où des enfants se retrouvent nus ou en sous-vêtement sans pour autant y avoir une quelconque imagerie sexuelle bien sûr.

Un autre de ses axes de réflexion consiste à rappeler que ce n’est pas en interdisant d’évoquer un crime que celui-ci disparaît et qu’interdire de représenter la guerre dans les mangas n’amènera pas la paix dans le monde. Qui plus est, la représentation dans la fiction permet également d’éduquer les enfants en leur présentant des notions qu’ils ne connaissent pas encore. Brider la création n’est pas la solution. S’il faut réellement protéger la jeunesse, c’est un acte d’éducation et non de législation.

Si cette loi venait à passer au Japon, on peut imaginer que le paysage du manga serait complètement bouleversé. Pour information, suite aux différentes affaires de pédophilie qui ont fait tant de bruit en France et en Belgique ces dernières années, nous sommes dotés d’une loi similaire depuis quelque temps déjà, ce qui explique parfois certains actes zélés de censure de la part des éditeurs français de mangas.

Source : Mangavore

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Authored by: Boudou

Détenteur du pouvoir de manger de la raclette chaque jour de l'année, Boudou puise aussi sa force dans ses poulets rôtis au four et ses burgers faits maison ! Il vient tout juste de se mettre à la confection de Chirashi et recherche activement le manga dédié à la raclette !

There are 4 comments for this article
  1. erazkan at 13:24

    Le manga ne serait pas le seul domaine concerné par cette loi : cette loi condamnerait la quasi-totalité des Visual Novels du marché nippon, œuvres de Type Moon inclus…

    Après, je comprends la finalité recherchée par cette loi, mais ne pense pas que cette dernière soit la réponse adaptée, pas pour le Japon en tout cas : beaucoup trop de cercles doujin et autres créateurs utilisent les représentations sexuelles pour cibler les clients et ainsi vendre leurs oeuvres dans un marché amateur bien plus développé au Japon qu’en France… Je n’imagine pas les dégâts que cette loi poserait au Comicket, pour ne citer qu’un exemple.

    Enfin, après, ce n’est que mon avis, comme on dit… ^^

  2. Gemini at 17:56

    Juste pour préciser que, en France, Kaze a été condamné car dans une de ses VHS (ça date), un personnage dans une situation sexuellement ambiguë semble mineur ; cette décision fait désormais jurisprudence concernant la représentation de personnages mineurs imaginaires, dont on ne peut de fait pas déterminé un âge.

  3. Natth at 20:00

    de nombreuses oeuvres grand public tomberaient sous le coup de la loi >>
    Il y aurait aussi Mon Voisin Totoro (la scène du bain des deux fillettes, avec leur père en plus !). Je dois dire que voir un Miyazaki censuré dans le but de protéger la jeunesse me laisserait très perplexe :/

  4. Kaïl at 9:24

    Le fort degré de tolérance à l’égard des oeuvres de l’esprit au Japon a du plomb dans l’aile. C’était malheureusement à prévoir car depuis longtemps, l’UNICEF faisant pression sur les autorités japonaises pour qu’elles serrent la vis sur ce terrain.
    Cette loi est tout de même excessive. Bientôt, on ne pourra plus représenter un mineur en train de savourer une glace sans que l’on y voit quelque allusion implicite. A la limite, s’ils veulent encadrer la production lolicon, pas de problème ; mais mettre tout dans le même sac sous prétexte de lutte contre la pédopornographie fictive, c’est limite paranoïaque.

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