The drudgery train (kueki ressha) – Un train train non quotidien.

The drudgery train (kueki ressha) – Un train train non quotidien.

The drudgery train, un film de Nobuhiro Yamashita (2012), prix de la photographie festival Kinotayo 2013.

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© 2012 Kueki Ressha Film Partners

Avec Atsuko Maeda, Mirai Moriyama, Kengo Kôra. 1h52min.

« The drudgery train » met en scène un jeune japonais, Kanta qui par la force des choses se retrouve au ban de la société japonaise des années 80. Entretenant une certaine rancœur et un regard désabusé par rapport à celle-ci. Kanta va subir tout en en étant un acteur ce sombre quotidien. Cette autofiction réalisée par Nobuhiro Yamashita, adaptée d’une nouvelle est riche de métaphore et d’une réalisation pure sans composition outrancière. Autant dire, un vrai repos pour les yeux où le scénario, la mise en scène et les acteurs sont au centre de cette réalisation.

Vagabond à la dérive

© 2012 Kueki Ressha Film Partners

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Une société qui juge et repousse couplée à une personne vivant au jour le jour provoquant sa propre déchéance ne font pas bon ménage. Alors que les jours de Kanta se ressemblent et se suivent, il va suffire d’une rencontre pour qu’une porte s’ouvre et accélère une chute imminente. C’est l’éveil difficile vers l’envie de vivre d’une jeunesse japonaise que filme Nobuhiro Yamashita. Le contraste entre deux personnages, Kanta le vagabond et son nouvel ami Shoji, l’ordonné, représente les difficultés sociales de personnes en recherche d’une identité ou tout simplement d’amour.

Instinct animal

© 2012 Kueki Ressha Film Partners

© 2012 Kueki Ressha Film Partners

Cet éveil difficile passe par l’envie sexuelle du personnage. En effet la sexualité de Kanta est en permanence présente et se retrouve mélangée à son désir simple d’Amour. Comment faire la part des choses quand aucun modèle n’est présent ? Heureusement dans cet excès de déchéance Yamishita a su poser un regard dérisoire sur cette situation dont découle un humour certain qui nous fait attendre le moment où le personnage pourra éclore.

 

 

Retour vers le présent

© 2012 Kueki Ressha Film Partners

© 2012 Kueki Ressha Film Partners

Kanta, cet anti héros orgueilleux et impatient se repliant sur lui même ne fait qu’un avec Mirai Moriyama (pour rappel : il s’agit du fétichiste à la poupée dans Shokuzai1). L’acteur a su prendre à bras le corps son personnage ainsi que la transformation physique qu’il subit au fil du film. La mise en scène des séquences de colère et d’égarements est juste et forte, d’autant plus que la caméra se laisse oublier laissant ainsi une place prédominante au jeu de l’acteur.

Si Mirai Moriyama se comporte fabuleusement à l’écran c’est aussi pour permettre à son personnage de se rapprocher de son ami shoji (joué par Kengo Kora) et de la fille qu’il aime (interpréter par Atsuko Maeda). Ces trois acteurs bien connus du petit et du grand écran japonais sont mis en valeur par la mise en scène sobre où les mouvements de caméra peuvent se compter sur les doigts d’une main, le tout apportant une réelle force à la réalisation.

© 2012 Kueki Ressha Film Partners

© 2012 Kueki Ressha Film Partners

Le son est un personnage au même titre que les rencontres hasardeuses du héros. En effet ce dernier, par son absence ou sa présence inattendue, amplifie la dramaturgie du film et le jeu des acteurs.Le sens de la composition de Nobuhiro Yamashita est donc indissociable des acteurs qui expriment avec justesse une errance et l’attente d’une jeunesse tiraillée entre la bienséance et la recherche de l’amour, du plaisir sexuel et de l’amitié.L’image et la mise en scène nous transportent donc en plein début des années 80 à Tokyo mais elles abordent des thèmes de société qui restent universels.

 

« Le désir est volatil, imprévisible, sinon ce ne serait plus du désir, mais de la routine. » (K. Pancol)

Conclusion

Ce film respecte à la perfection les règles de l’autofiction et donc, si vous aimez ce genre narratif vous adorerez cette réalisation. Pour les autres je vous conseille de savourer la performance d’acteur de Mirai Moriyama et vous vous accrocherez à l’histoire tant l’interprétation et les rapports entre les personnages sont sincères. Ce film vous surprendra autant sur le fond que sur la forme et ravira les curieux de culture japonaise autant que les cinéphiles.


The drudgery train par Kinotayo
L.M.

Authored by: chisaisan

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